L’eau dans l’agriculture: l’exemple de la plaine de l’Orbe

Andre Schule

Format: A4, 64 pages, photos couleurs

Prix: CHF 30 + frais de port

 

«L’année de ma naissance, en 1942, ma famille a emménagé au moulin de Sous-Tours à Corcelles-près-Payerne que mon père venait d’acheter à son oncle. Ce moulin était une des nombreuses «mécaniques» que l’eau de l’Arbogne faisait fonctionner. (Il y en avait une trentaine sur les quinze kilomètres de son cours: moulin, scierie, battoir, pressoir, briqueterie, etc.).

Le bâtiment comprenait le logement du propriétaire, un moulin agricole à façon, un battoir (batteuse fixe pour les céréales), une huilerie à façon, transformant noix, noisettes, colza. Un rural et un four à pain complétaient le site. L’eau du “canal” de dérivation faisait tourner la turbine qui avait remplacé la roue à aubes dans les années 1930.

Ce canal passait sous la maison et son murmure accompagnait jour et nuit la vie du moulin qui jouait la partition principale: chuintement des courroies, frottement des meules, claquement des heurtoirs sur les canaux à farine, sifflement du monte-sac. Le tic-tac du moulin s’est arrêté en 1987, condamné par le décès de mon père et l’évolution du secteur agricole. Heureusement son nouveau propriétaire, Heinz Schuler (Président de l’Association suisse des anciens moulins, ASAM), lui redonne vie et va remettre l’huilerie en fonction. Nul doute que cette enfance passée dans ce cadre propice, n’ait été le déclencheur de mon goût pour l’environnement, pour l’eau et ses multiples utilisations.

Cet intérêt qui m’a suivi tout au long de ma carrière a pu s’exprimer dans le cadre du Programme Eau 21. L’étude que vous avez entre les mains est le fruit de cette motivation. Peut-être aussi la catharsis d’actions conscientes ou accidentelles ayant pu mettre en danger la qualité de l’eau, source de vie.»

André Schülé a choisi la plaine de l’Orbe comme modèle à son étude en débutant par un petit retour à l’école avec l’histoire et la géologie de cette campagne puis un bref cours de biologie sur la relation de la plante avec l’eau et le sol.

Dans ce contexte de relation entre terre et végétal intervient l’incontournable humus: «Le complexe argilo humique, nous explique-t-il, fonctionne comme une éponge ou comme un aimant. Il retient les éléments minéraux et les met à disposition des racines. Le phénomène de rétention, appelé adsorption, dépend de la forme chimique des minéraux. Si cette adsorption est trop forte la plante ne pourra pas profiter de ces minéraux, si l’adsorption est trop faible les minéraux risquent d’être entraînés par lessivage (ou lixiviation).

André Schülé nous fait part ensuite de la pratique de la lutte phytosanitaire menée par les agriculteurs ainsi que de la toxicité des engrais et pesticides utilisés, ce qui nous amène, par association d’idées, à l’agriculture biologique… Le 6e chapitre de l’étude nous conduit à travers les vastes exploitations maraîchères implantées grâce à l’assainissement des anciens marais.

Quelques dictons paysans sur la pluie nous mènent au contact avec les principaux intéressés: les agriculteurs. Nous avons extrait quelques passages de différents entretiens dont le premier est celui d’un retraité de Chavornay, Pierre-Louis Beauverd, né en 1922. Dans son enfance et adolescence, Pierre-Louis Beauverd a connu l’assainissement et la mise en culture de la plaine de l’Orbe, ainsi que l’arrivée de la mécanisation agricole.

Il a cessé l’exploitation de sa ferme en 1980. André Schülé a également rencontré Alexandre Schwager, directeur des Écoles d’agriculture vaudoises, que nous avons déjà eu l’occasion de croiser dans l’étude de Pascal Mavinga («Protection légale de l’eau: cas concrets de pollution de la Broye»). Un mois plus tard, le 10 janvier 2006, il s’entretient avec Jean-Claude Agassis, syndic de Bavois depuis 16 ans, et qui met en place un Projet nitrate pour protéger la zone de pompage du forage communal.

Inspiration…

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